Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2011
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 18h00 sur la rtbf

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C’est elle, ces groupes de citoyens qui fleurissent et s’allient, qui entend s’occuper du développement local et croyez-moi, ce n’est pas peu dire.
Ici, on articule tout, la promotion des richesses et des produits locaux, le développement durable, l’énergie verte, l’emploi des jeunes, la micro-finance, le tourisme responsable, la démocratie participative : on dirait que cela fait des années que la révolution est passée, mais non c’est juste quelques mois, et Ali le sculpteur de Tahla, Choukri l’ingénieur de Gafsa et Mohammed l’économiste de Sidi Bouzid disent exactement la même chose, sans même se connaître. Il existe en Tunisie un programme politique par le bas.
Quelque chose naît là-bas qu’il ne s’agit pas seulement d’observer. Les idées de sortie de crise, on dirait qu’elles sont aujourd’hui tunisiennes. Ceux que l’on appelle les diplômés-chômeurs par qui tout a commencé, par exemple. Tous veulent tenter leur chance, lancer quelque chose, entreprendre pour ne plus se faire prendre, chacun guette et construit une opportunité : c’est l’opportunisie, ça fait rire quand on le dit… Mais c’est assez juste.
Il y a là une soif de demain, entre une colère qui n’est pas passée et un enthousiasme que ne chasse pas encore le désespoir des pas lents et des cahots d’un gouvernement qui se sait transitoire : je vous raconterai demain cette rencontre inédite à laquelle nous avons participé entre les ministres et les jeunes à Sidi Bouzid. Pas une autorité n’était venue là depuis le 14 janvier et quand l’Etat rencontre le peuple, le plus étonné n’est pas celui que l’on croit.
Je vous dis cela tandis que de là-bas, nous nous intéressions aussi aux places espagnoles. L’Espagne est aussi un pays de tourisme. Hier, on disait : tout est politique. Peut-être bien qu’aujourd’hui, le reste est touristique. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.