Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2011
   


 
 

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En ce jour du mardi 3 mai 2011, Avec Ben Laden, mort et immergé, on aura compris au moins une chose : que si la CIA est en mesure, assure-t-on, de contrôler le moindre de vos messages envoyés par Internet, d’écouter vos communications téléphoniques ou de lire vox fax si vous en avez encore, elle est tout aussi capable de se méfier de ce qui ne passe pas par la toile, par les lignes ou bien par les câbles.
On nous a dit cela, en effet, que c’était l’isolement, le côté insulaire, de la maison de Ben Laden — qui ne bénéficiait d’aucune sorte de connection téléphonique ou informatique — qui avait précisément attiré l’attention sur ce qui voulait rester inaperçu, inaudible et invisible.
Au moins aura-t-on appris cela : que l’on peut se penser à l’écart du monde mais que l’on n’est jamais pour autant à l’abri du soupçon et moins encore de la suspicion. Si bien que l’on ne sait plus vraiment si c’est d’être absent ou bien présent qui rend le plus ou le moins transparent.
On dira, on le dit depuis que les commentaires commentent plutôt que de rendre compte, que c’est l’inverse exact de ces révolutions arabes portées à coups d’Internet et de réseaux sociaux. Ou précisément, c’était l’exposition au grand jour d’une pensée, d’une colère, d’une solidarité qui fit tomber des dictateurs que l’existence même de Ben Laden contribuait à justifier. (...)