Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2011
   


 
 

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En ce jour du lundi 2 mai 2011, C’est un lundi comme ça, avec un corps qui remonte de la terre et un autre qui disparaît dans la mer. Et entre cette exhumation et cette immersion, quelque chose se dit.
D’un côté, Jean-Paul II dont le cercueil posé sur le marbre de la basilique Saint-Pierre faisait jusqu’à tout à l’heure encore l’objet de la vénération de la foule. On s'y pressait en rangs serrés, à quatre ou cinq de front.
De l’autre, Oussama Ben Laden dont le corps précipité dans la mer, ainsi que l’on nous l’a dit, fournissait l’occasion, on nous l’a dit aussi, d’éviter toute tentation de pélérinages. Le corps effacé est supposé effacer aussi la vénération de la foule.
On n’en peut rien, mais on en reste un peu incertain. On se dit que la disparition d’un corps pose la question de la réalité de sa mort même. L’homme doit toujours savoir cela : où sont ses morts. S’ils ne sont nulle part, les questions restent. Aussi comprend-on mal cette nouvelle de Ben Laden jeté à la mer. C’est comme ajouter un mystère pour tous les théoriciens du complot dans une affaire qui n’en manque pas, de théoriciens et de théories… C’est construire le mausolée d’un martyr. C’est peut-être vouloir dire que cette histoire ne finira jamais.
Et comme en écho, que voulait donc signifier cette image dont le site de la RTBF faisait son ouverture : ce panneau dans la foule en liesse devant la Maison Blanche indiquant : Obama 1 - Ossama 0 ? (...)