Lautresite, le jour, les billets du mois de avril 2011
   


 
 

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En ce jour du mardi 26 avril 2011, Un soir, on apprend à la radio la mort d’un poète. On ne connaît pas ce poète. Son nom même ne dit rien. On n’a jamais ouvert un de ses livres. Curieux : toute la presse du monde le salue pourtant comme un vieil ami.
On cherche. On voudrait quelque chose à lire. Se rendre compte, se faire son opinion, paraître un peu moins bête. On ne trouve pas ou presque rien : trois lignes qui semblent tirées d’un de ses rares volumes parus en français, dans une maison d’édition belge d’ailleurs, mais rien qui puisse parler et faire entendre la voix de quelqu’un que tout le monde paraît pourtant avoir lu.
Gonzalo Rojas était chilien, fils d’un mineur chilien, ambassadeur du Chili d’Allende, il est mort à 93 ans, l’âge des best-sellers. Et tout ce que je peux vous dire de lui est ceci : ce qu’il répondit il y a quelques années à quelqu’un qui lui demandait ce qu’il pensait de ce Chili sorti de la dictature : "Il se porte bien, tout comme le théâtre, contrairement au roman qui est en régression". Disons-le tout net : on regrette déjà de ne pas l’avoir feuilleté de son vivant.
Heureusement, le Chili compte un autre poète qui s’appelle aussi Rojas et qui est toujours bel et bien là. Exilé aussi sous Pinochet. C’est Waldo Rojas. Il vit en France. Il écrit notamment ceci qui devrait intéresser qui de droit : "La nature ne laisse pas de ruines, elle berce les décombres". (...)