Lautresite, le jour, les billets du mois de avril 2011
   


 
 
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L’interview a donc fini par paraître la semaine dernière sous ce titre : "Je suis un couillon". Avouons : c’est assez gonflé…
Pourquoi donc dit-il cela de lui, Gorbatchev ? Parce que, confesse-t-il notamment : Ma confiance en moi s’est transformée en présomption. C’est elle qui m’a tué, moi et ma pérestroïka. De la confiance qui se mue en présomption et qui vrille une carrière ou une vie, vous imaginez à combien de gens ce titre pourrait convenir… J’ai un catalogue de noms en portefeuille que j’aurai le plaisir de garder secrets, mais là par exemple, j’en ai un qui me brûle les lèvres, c’est celui de Pierre Mariani, de chez Dexia, et son bonus annuel de 600 000 euros.
Dexia est cette banque sauvée en 2008 par l’argent des gens, l’ancien Crédit communal si on s’en souvient, cornaquée aujourd’hui par Jean-Luc Dehaene, un ancien démineur, si on voit de qui je parle, un ancien premier Ministre aussi, qui devrait connaître la musique, et que l’actuel gouvernement avait pourtant invité à la retenue pour ce qui est des primes versées aux dirigeants de la banque, mais dans ce cas comme dans d’autres, on s’est fichu comme de colin-tampon de ces recommandations.
La confiance présomptueuse prend des avions ou bien des primes, ces temps-ci. La confiance présomptueuse survole l’esprit des lois. La confiance présomptueuse se moque du bien commun. La confiance présomptueuse répond au miroir que c’est elle qui est la plus belle.
Et on ne sait pas pourquoi mais, s’agissant de confiance présomptueuse et des couillons, on pense que les coquetiers de chez Boch nous auraient été bien utiles pour manger les œufs de Pâques. Mais là on se dit que l’interview du repreneur casseur n’aurait pas été titrée "Je suis un couillon", mais plutôt "Je suis un couillonneur". Allez belle journée, beau congé et puis aussi bonne chance.