Lautresite, le jour, les billets du mois de avril 2011
   


 
 
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Vous vous souvenez de cette image et de cette période ? De Bruxelles mise au frigo entre 1980 et 1988, lorsque la réforme de l’Etat hésitait déjà et qu’elle hoquetait encore sur cette capitale majuscule, déjà européenne, mais toujours avec deux "s" en flamand et un "x" en français ? Hé bien, vous êtes sans doute le seul car à cette simple demande —Bruxelles au frigo — Google vous répond par une pléiade de marchands, d’installateurs et de réparateurs sans doute fort utiles —on ne saurait trop conseiller au Palais de nommer un Installateur—, mais enfin il semble bien que cette mémoire aussi soit enterrée, à moins que subitement elle ne ressuscite, c’est presque le moment…
Sortons donc à la fois du tombeau et du frigo et disons deux choses simples : cette Région de Bruxelles dont Kris Peeters disait l’autre jour qu’elle n’existerait jamais existe déjà, elle est constitutionnelle. La Fédération Wallonie-Bruxelles dont parlent les partis francophones n’existe pas, elle n’est pas constitutionnelle.
Nous voilà donc positionnés entre ce qui est et qui ne devrait plus être et entre ce qui n’est pas et qui devrait advenir.
Hier dans le Monde, un article signé notamment de Michel Rocard avec aussi un scientifique et un philosophe, insistait aussi sur ce qui ne devrait plus être et ce qui devrait advenir. Ils parlaient de l’urgence écologique, de la fin de l’espèce humaine, des réponses politiques qui ne viennent pas, du désintérêt que l’on porte à cet avenir qu’on ne veut pas voir, du souci de l’immédiat qui contredit le temps long..
Enfin bref, ajoutaient-ils, ces impréparations nous envoient tout droit dans les bras de la barbarie et signent la fin ultime de la démocratie. Dans nos mots d’aujourd’hui, on dira plutôt : le travail de la politique, ce n’est pas de sortir du tombeau, c’est de ne pas y faire entrer. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.