Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2011
   


 
 
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Les grands arbres et la forêt primaire, par exemple, qui cachent parfois des présidents en délicatesse d’un second mandat.
Pour parler, ça fait parler, cette immersion princière en territoire présidentiel, éclipsant même un autre pays noir où les mandats aussi se disputent.
On n’avait plus vu ça depuis Karel De Gucht et cela pose à vrai dire cette même question que nous évoquons ici jour après jour décidément : de quoi est donc faite cette démocratie dont il semble bien qu’elle tire à hue et à dia et dans laquelle on dirait bien aussi que chacun, ces temps-ci, se sent tenu de dépasser son rôle, de l’outrepasser, comme si finalement il n’y avait que pour les affaires courantes que notre gouvernement en affaires courantes, par exemple, se déclarât incompétent.
Tenez, on tombe des nues tout de même lorsque l’on constate que la nomination d’un directeur de musée est suspendue à un gouvernement de plein exercice tandis que les F-16 ne requièrent que l’assentiment unanimiste d’une Assemblée tirée pour l’occasion de son ennui.
A-t-il lu "Le Prince", le prince ? S’est-il dit alors que dans ce pays à cul par desssus tête, l’occasion était bonne de passer d’une monarchie constitutionnelle à une démocratie conditionnelle, passant par-dessus les moulins l’autorité du gouvernement et fomentant un putsch familial au Palais ?
"Chacun comprend combien il est louable pour un prince d’être fidèle à sa parole et d’agir toujours franchement et sans artifice. De notre temps, néanmoins, nous avons vu de grandes choses exécutées par des princes qui faisaient peu de cas de cette fidélité et qui savaient en imposer aux hommes par la ruse. Nous avons vu ces princes l’emporter sur ceux qui prenaient la loyauté pour base de leur conduite". Machiavel écrivit cela en 1513, en des temps non démocratiques. On dirait les nôtres. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.