Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2011
   


 
 

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En ce jour du mardi 29 mars 2011,
C’est peut-être parce que le temps des terrasses revient et que l’on commence ici et là à ombrager qu’on s’était mis à lire un entretien entre Michel Onfray et Jean-Paul Kaufmann, sur le vin, sur les mots de la vigne et son vocabulaire qui s’amplifie chaque année, sur les experts et leur conseils qui éloignent plutôt qu’ils ne rapprochent, sur le fût de chêne qui affadit le goût : c’était assez beau. Assez fort.
On lisait par exemple qu’un petit vin pas très bon bu en bonne compagnie serait toujours meilleur qu’un grand cru dégusté en mauvaise. On était bien d’accord.
Et puis, au milieu de cet entretien, voilà que l’on commence à aborder les questions de l’hygiénisme postmoderne, des interdictions de ceci ou de cela, et vient alors cette phrase de Kaufmann : "Il y a cette idée stupide, de la part de l'Etat, de faire croire au citoyen qu'il est immortel. J'ai bien peur que rien n'arrête cette logique", quelque chose comme ça.
Jean-Paul Kaufmann fut otage au Liban, presque trois ans. On vit à ce moment son image tous les jours à la télévision. Avec celle aussi de Michel Seurat qui, lui, n’en est pas revenu. Kaufmann sait donc assez bien ce que c’est qu’un Etat qui protège ou qui ne protège pas, qui intervient ou qui atermoie. (...)