Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2011
   


 
 
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Et avec cela, le gouvernement a relevé les taux admissibles de millisievert de 100 à 250 par an. 100 millisievert est la dose généralement admise pour quantifier ce qui, en une année, peut être encaissé par l’organisme humain.
Pourquoi donc avoir relevé ce taux ? La radioactitvité serait-elle relative et l’homme japonais plus résistant qu’un habitant de Tchernobyl ? Non. Mais sans doute, dit-on, pour éviter, en cas de survie, de pouvoir aller plaider l’accident de travail et la maladie professionnelle devant les tribunaux. Ici, au moins, on ne s’est pas empêtré dans les chiffres, les zéros et les doses : l’administration a plus que doublé ce que la science prescrit : la loi des calculateurs est dure, certes, mais c’est la loi.
De toute façon, 19 liquidateurs ont déjà été hospitalisés pour avoir dépassé les 100 millisievert admissibles par an. On espère que leur chambre coûte moins que 15 euros la journée.
On en apprend tous les jours un peu plus sur la façon dont le nucléaire japonais traite ses gens et les gens. On voit que l’opacité et le cynisme ne datent pas d’aujourd’hui. Combien d’incidents minimisés ou non déclarés dans ces centrales que l’on dit maintenant vétustes ? On n’en dit rien ou à demi mots. C’est le prix, semble-t-il, d’une sorte de tranquillité démocratique.
Dans le Monde, un ingénieur et un sociologue disent à peu près la même chose : que cette catastrophe naturelle n’en est pas une et qu’elle est l’œuvre des hommes qui en dissimulent l’identité au prétexte de l’immaturité des populations et de l’union sacrée de la nation.
Le sociologue, Ulrich Beck, spécialiste des risques, ajoute : Ceux qui mettent la nation en péril, ce sont les garants du droit, de l’ordre, de la rationalité, de la démocratie elle-même. Alors chantons : Mon oncle, un famuex bricoleur faisait en amateur des bombes atomiques…Allez, belle soirée et puis aussi bonne chance.