Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2011
   


 
 
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Ces mouvements récents — ils parlaient là tout autant des printemps arabes que des jeunes gens belges de "Pas en notre nom" — ouvrent un large débat qui porte sur la nature des missions de celles et ceux qui revendiquent de gouverner, sur la manière d’exercer le pouvoir, sur les relations entre gouvernants et gouvernés et sur le rôle et la responsabilité des gouvernés eux-mêmes.
Les temps du monde politique et de l’espace citoyen ne s’accordent plus, ce n’est pas nouveau, c’est juste de plus en plus inquiétant. Et il nous faudrait peut-être reconnaître que, je cite : les enjeux déterminants pour notre avenir ne trouvent pas de réponse politique à la hauteur. Les débats sont minés par les discours de posture et les causes à défendre noyées parmi les calculs électoraux. Or, les ressorts citoyens sont usés par les comportements politiciens.
Et qui dit cela sinon Jean-Paul Delevoye, Médiateur de la République française, gaulliste et membre de l’UMP ?
Tout se passe en effet comme si nous n’avions plus, d’un côté et de l’autre de ce vilain mot de gouvernance, la même approche de la démocratie.
Elle aurait, d’un côté, une valeur d’usage, et de l’autre, tout simplement de la valeur. Et l’on se dit qu’il faudrait bien des sommets européens, bien des interventions du FMI et de la Banque Mondiale pour revaloriser — on veut dire redonner des valeurs —la démocratie, telle qu’elle est envisagée aujourd’hui par ses usagers.
Faute de quoi, effectivement, nous épuiserons plus encore ce que pourtant nous prétendons aller défendre ailleurs et nous ferons de la démocratie ce salmigondis d’émotions et de rancœur dont seuls les non-démocrates profiteront.
"Quelle di?érence entre un homme sage et un homme intelligent ?" disait encore Jean-Paul Delevoye. Un homme intelligent sait sortir d’un problème qu’un homme sage a su éviter. Allez, belle soirée et puis aussi bonne chance.