Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2011
   


 
 
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Ils procédèrent ainsi à un lâcher de 10 000 papillons à Venise et bétonèrent des voitures, mais ils construisirent aussi un orgue éolien reliant le Cameroun au cercle arctique dont les bambous troués produisaient de la musique. Un agitateur donc, mais pas une girouette. On voit que le vent l’a emporté depuis longtemps. Quarante ans, assez exactement.
Et aujourd’hui, donc ce détournement, ce retournement. On se dit, c’est trop beau pour être vrai. On se souvient qu’en d’autres temps des firmes commerciales voulurent s’accaparer des mots et que l’on met des droits de propriété sur tout, y compris sur les photos que vous faites de la Tour Eiffel, si vous voulez jamais les publier.
Ici, c’est le contraire. C’est rendre au public ce qui lui appartenait déjà. C’est lui en assurer la propriété devant les générations qui viennent. Et voilà comment une faille dans le droit a transformé un ingénieur des mines en géologue de la pirouette.
Et on se dit, tiens, peut-être que c’est lui alors, le maître des vents, qui a dévié le panache de Fukushima de nos contrées. Peut-être. Et on pense alors, avec toutes ces choses qui volent aujourd’hui par-dessus les terres et les déserts, — voyez les nouveaux venus, Gaza et Israël, regardez ces autres missiles fendre les cieux — on se dit qu’il ferait bien d’étendre son brevet à tout ce qui trouble l’air. Peut-être qu’il y a là aussi une faille à exploiter, un gisement à trouver. Ce serait assez beau, il faut dire, une résolution de tous les vents unis. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.