Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2011
   


 
 
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Le catastrophisme, tout à coup, était devenu gérable. Ouf. Nous respirâmes. Mais notre soulagement fut cependant un peu lâche, faut-il le préciser.
Puis, la journée passa et des fumées grises s’élevèrent au-dessus de la centrale numéro 3. La même couleur sans doute que celles par-dessus Tripoli. Ces fumées nous firent hésiter à l’envers dans un pays qui se retrouve en guerre, c’est Piet De Crem qui l’a dit. Cette guerre donc, portée au compte des affaires courantes, surprit un pays qui attend dès demain une nouvelle peur, celle du panache radioactif japonais porté par les vents et qui arrivera dans l’hémisphère nord mardi ou mercredi, ce sont des affaires volantes.
Panache. C’est un joli mot panache, on s’y rallierait presque. Un panache n’est pas un nuage. On ne savait pas que dans nos cieux il y avait aussi des panaches : c’est une forme nouvelle de la météorologie, on est ravi de l’apprendre. Tchernobyl avait son nuage, Fukushima son panache mais, nous dit-on, les doses sont tellement infinitésimales qu’elles seront inoffensives.
On laisse ici quelques points de suspension et on se dit que c’est comme le nôtre de panache, au-dessus de la Lybie, on voudrait tant que ses frappes tellement chirurgicales le rendent inoffensif. Car nous sommes comme cela et nous demandons déjà comment ne pas aller trop loin, comment concilier ce qui peut l’être entre le droit des gens, les droits de l’Homme et cette insupportable méfiance que fait naître la solidarité internationale dès lors que c’est Sarkozy qui en parle.
Ce n’est pas sans risque, a dit le l’amiral américain Mullen : l’issue peut être incertaine et l’impasse au bout du chemin. On aurait dit qu’il parlait de la vie. Un truc qu’on a toujours du mal à accepter. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.