Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2011
   


 
 

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En ce jour du jeudi 17 mars 2011, Aurait-on une seconde d’attention à accorder à Michel Daerden et à ces affaires ansoises ? Non, non, on n’a pas. On n’a pas assez d’appétance pour ça. On a ces jours-ci l’estomac fragile. Il faut nous comprendre. On a le regard tourné vers les liquidateurs japonais.
Avec leurs pompes à eau qui servaient hier à disperser les manifestants, avec ces piscines en feu — c’est un oxymore sans doute, une piscine en feu—, mais si, elles flambent et des hélicoptères du haut jettent un peu d’eau, mais c’est comme vider la mer avec une cuillère, c’est le même geste à l’envers.
Et donc, on liquide. On liquide d’abord les hommes qui liquident. A Tchernobyl, comme le rappelait Frank Nouchi dans le Monde, ils avaient été 800 000, d’autres sources disent 500 000, tous ceux, employés, techniciens, civils ou militaires qui ont tenté et dans une certaine mesure réussi à contingenter ce qui pouvait l’être, à ne pas donner le change à la matière. Sans eux, la moitié de l’Europe aurait dû évacuer, mais où ?, et la moitié de l’Europe n’aurait plus été cultivable.
Au Japon, ils ne sont pas 500 ou 800 000, peut-être une cinquantaine à ce que l’on entend. Cinquante futurs morts dont il faudra un jour connaître les noms. Et ce qui sera cultivable et où seront les gens ? On les voit frisonner dans un froid d’hiver, ce sont des images de Stalingrad, ne refoulons rien, prenons tout, ces images sont tout aussi désespérées, elles font sens. (...)