Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2011
   


 
 

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En ce jour du mercredi 16 mars 2011, Il y avait une voix hier chez Eddy Caekelberghs, il y en a souvent et on l’avait déjà entendue celle-là : celle de Patrick Lagadec, ce professeur français spécialisé dans le risque et la catastrophe, il intervient dès lors que le monde et les États convulsent et hier donc, il rappelait ceci qui était tout simple : que dans une situation inédite, il fallait inventer de l’inédit.
On l’a dit déjà et répété : un tremblement de terre hors norme, un tsunami immédiat et des centrales nucléaires qui explosent, tout cela était tenu en dehors du champ des possibles de l’être humain. La plus pessimiste des extrapolations et la plus noire des simulations se refusaient à le prévoir.
C’est bien entendu étrange puisque nous savons ou nous devrions nous rappeler que c’est bien sûr l’improbable qui le plus souvent se produit, c’est même à cela qu’on reconnaît un événement : la vie n’est pas écrite comme un livre et encore le serait-elle qu’il faudrait quand même attendre la fin de l’intrigue.
Cette conjonction inédite de catastrophes japonaises n’est pas non plus sans rappeler une autre accumulation dans laquelle nous vivons, elle aussi toute nouvelle : celles des crises entremêlées —financière, économique, sociale, climatique, énergétique, environnementale sans rien dire des crises politiques —auxquelles la mémoire et l’expérience humaines non plus n’ont jamais été confrontées de cette façon cumulative. (...)