Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2011
   


 
 

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En ce jour du mardi 15 mars 2011, Choisir c’est renoncer, dit-on, mais qu’avons-nous donc choisi pour devoir renoncer autant ? Je vous avais promis hier une suite autour de cette chose que l’on appelle la peur ou, peut-être, pour le dire mieux : la crainte de perdre. De perdre ou, pour tenter de l’exprimer plus finement encore, de ne plus reconnaître ce que nous connaissions hier.
Aujourd’hui, nous regardons par exemple des pays s’effacer sous nos yeux. Ils sont comme gommés. Par voies naturelles : Haïti, le Japon ; par voies économiques : la Grèce, l’Irlande ; par voies technologiques : le Japon encore ; par voies politiques même : portons notre regard par ici.
Avant finalement, c’était assez simple. Il y avait Epictète, un Grec d’avant le FMI, qui avait écrit quelque chose autour de ce qui dépendait de nous et ce qui n’en dépendait pas. Ce qui dépendait de nous ? Essentiellement des positions morales : ce que l’on fait de sa vie, comment on la dirige, comment on l’harmonise aux autres. Ce qui ne dépendait pas de nous ? Le reste, ou presque. La mort, la chance, le hasard, le malheur, la nature.
La version postmoderne de cette sentence stoïcienne, nous l’avons entendue ce midi à la radio : Il y a ce qu’on peut faire et il y a ce que l’on ne peut pas faire, disait tout à l’heure cette habitante de Tokyo. Marcher, par exemple, ajoutait-elle, je ne peux pas. (...)