Lautresite, le jour, les billets du mois de mars 2011
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 18h00 sur la rtbf

Ecouter la chronique du jour .


De la loyauté des rebelles il n’est jamais question, car à qui seraient-ils loyaux sinon à nos idées démocratiques héritées de la révolution des Lumières ? Ils se trompent : ils ont envie des Lumières et nous d’électricité, autant qu’ils sachent que ce n’est pas exactement la même chose).
Et donc, s’en allant voir ce que l’on était prêt à mégoter avec les Japonais pour qui le mot nucléaire fait synonyme — l’orient japonais est occidental depuis Hiroshima — on s’aperçut que notre soif de compassion s’arrêtait précisément à ce que nous avions envie de boire. Car que regarda-t-on dans cet archipel dévasté sinon le filigrane de nous-mêmes ?
Et dira-t-on que ces manifestations anti-nucléaires diligentées à Bordeaux comme à Stuttgart ce week-end semblèrent tout juste indécentes, tournées qu’elles étaient vers une apocalypse potentielle toute personnelle, — "excédentalisée" — alors que nous n’en étions pas encore même à enterrer les futurs morts d’une catastrophe vue à la télévision et suivie comme un feuilleton ?
Il y a un temps pour tout, disait L’Ecclésiaste. Un temps pour le drame, un temps pour le débat, un temps pour l’action. On dirait que nous ne savons plus quoi faire de ces temps-là, car celui qui gagne, tandis que nous regardons s’effacer des pays, c’est le temps de la peur de n’avoir plus demain ce que nous possédions hier. La peur, on dirait bien que c’est la dernière énergie excédentale. On y revient demain. Allez, belle soirée et puis aussi bonne chance.