Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2011
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 18h00 sur la rtbf

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Hier, nous eûmes de cette sorte de discours, un discours comme sous influence. C’était Véronique Nahoum-Grappe qui, il n’y a pas si longtemps, écrivait dans Libération qu’il fallait relire l’expression "ivresse du pouvoir" et la prendre sans doute au pied de la lettre. Car, disait-elle, le pouvoir est un puissant psychotrope et qu’avons-nous alors entendu hier sinon un Kadhafi addictif, ivre, saoulé, intoxiqué par la personne même du pouvoir qu’il entend incarner jusqu’au bout de son fusil ? Malade par la jouissance de la puissance jusqu’à l’impuissance, pour ce gardien de la révolution sans révolution ou plutôt si, mais dépossédé d’elle : juste revêtu des oripeaux chamarrés de la menace et du chantage, mais pour le reste, nu.
On craint qu’il ne prenne froid dans ce déshabillage, car le dictateur, on le sait maintenant, est d’une espèce en mauvaise santé. On l’a vu avec Ben Ali et peut-être aussi Moubarak : sitôt chassé, on sombre dans le coma de son propre chaos.
Le dictateur lit l’Histoire aussi un peu quand même et ne peut ne pas savoir que cette déclaration de guerre à son peuple signe sa propre condamnation si d’aventure Tienanmen venait à n’être pas écrasée et si, comme il disait hier, tous ces fous coupaient, effectivement, le pays en morceaux.
Il y a un film qui sort aujourd’hui sur les écrans des cinémas, l’histoire d’un roi anglais bègue qui, un jour d’Histoire, doit faire un discours à la radio. Il n’y a pas de meilleur moment pour aller le voir. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.