Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2011
   


 
 

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En ce jour du mardi 15 février 2011, On va s’essayer à autre chose aujourd’hui. Quitter nos piteux débats, s’ébattre dans le fer des temps. Il nous faudrait un peu ça pour avancer le printemps. On va aller chez Murakami, par exemple, et parler des chauves-souris, aussi.
L’écrivain japonais Haruki Murakami, une petite soixantaine d’années, écrit depuis longtemps qu’il éprouve bien des difficultés à reconnaître la réalité. Il a beau faire, il ne sait pas. Il mélange toujours. Il voit des choses. C’est tellement ténu tout cela. Ce que l’on prend pour réel est tellement lisse, dit-il.
Vous lisez Murakami : il y a par exemple des chats qui parlent, mais ça ne fait rien. Vous les laissez causer et de toute façon tout le monde sait bien que les chats parlent. Et j’ai bien croisé un perroquet vert fluo de matin, paisible, occupé à déjeuner sur le pavé de quelques miettes, on ne s’est rien dit, mais il n’est pas certain qu’il était le plus déplacé de nous deux. Et je me suis dit qu’une journée qui commence avec un perroquet vert fluo sur son pavé était une bonne journée pour parler d’Haruki Murakami.
Il vient d’écrire un roman, trois tomes, qui paraîtra chez nous dans quelques mois, et qu’il a appelé "1Q84", dans lequel il dénote le "1984" de George Orwell. On s’étonne. Que vient donc faire l’homme du peu de réalité avec une fable sur le système totalitaire ?
Il répond : "De nos jours, il n’y a plus de système à proprement parler, mais des situations qui évoluent d’un moment ou d’un lieu à un autre, qui s’enchaînent en un mouvement incessant dans lequel vacillent les repères. (...)