Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2011
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 18h00 sur la rtbf

Ecouter la chronique du jour .


Là, il faudrait que je laisse un long blanc qui fasse paniquer la technique et envoie la musique de secours. Non, non, il y en a.
Nous ne sommes que le 10 février et il n’est peut-être pas trop tard pour vous présenter mes meilleurs vieux. On connaissait déjà le tabac éditorial de Stéphane Hessel, 93 ans, avec son "Indignez-vous", voilà que le dernier livre d’Edgar Morin, 89 ans, aussi prend ce chemin, ça s’appelle "La Voie", mais ça aurait aussi bien pu s’intituler "Résistez-leur".
Et c’est dire que c’est à l’improbable que nous sommes tenus, que l’impossible n’est pas humain, que ce n’est pas ce que l’on attend qui se produit, que l’audace paie, enfin toutes ces choses mobilisatrices qui donnent envie de rester debout et de marcher.
Et, à côté d’eux, il y aussi Claude Alphandéry, 88 ans, banquier de gauche, Jacques Delors, ancien président de la Commission Européenne, 85 ans, et une jeunette, Susan George, 76 ans, fondatrice de Attac, qui, dans ces temps troublés par des irruptions de l’improbable, une révolution arabe par exemple, reprennent la parole.
C’est curieux : d’un côté, ce sont des jeunes qui font les révolutions et, de l’autre, des vieux qui les encouragent. C’est nouveau. Et assez rare, depuis Victor Hugo.
Bien sûr, on s’en va s’indigner çà et là de ces indignations de gérontes et de leurs bréviaires bien pensants à l’usage des jeunes générations. Car quoi peut-on faire du neuf avec des vieux ? Et ces vieux, qu’apportent-ils ? Sinon à peu près ce que disent les jeunes aujourd’hui ? Ils défendent les sans papiers, les roms, sont contre le capitalisme financier, plaident pour la décroissance. Tout un blabla connu et convenu.
Mais nous, on se dit que c’est peut-être justement ça, la décroissance. Des vieux qui recommencent par redevenir jeunes. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.