Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2011
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 18h00 sur la rtbf

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C’est donc un ours, un requin et un crocodile qui discutent ensemble de leurs prochaines vacances. Ah, dit l’ours, moi j’ai une belle fourrure, ma femme a une belle fourrure, le gamin a une belle fourrure, on va aller au Pôle Nord. Moi, dit le requin, je sais bien nager, ma femme sait bien nager, le gamin sait bien nager, je pense qu’on va aller en Floride. Et moi dit le crocodile, j’ai une grande gueule, ma femme a une grande gueule, le gamin a une grande gueule, on ne peut aller qu’en France, hein. Ah sagesse des nations et des brèves de comptoir, que n’en raconte-t-on pas plus à la buvette de l’Assemblée nationale, le soir…
Vous allez me dire : j’ai parlé du requin, j’ai parlé du crocodile, où est passé l’ours ? Sans l’ours, la chronique serait incomplète. Hé bien, l’ours, il est dans le prix de votre café qui augmente, dans le coût de votre farine de blé qui croît, dans tous ses aliments qui sont eux aussi en crise.
Et il faut lire un peu l’économiste Paul Krugman qui s’en va rappeler que la spéculation existe, certes, mais que les événements climatiques de l’année l’ont beaucoup aidé et que les liens entre les sécheresses ou les inondations — 2010 fut une année record, nous disent les assureurs, en matière de catastrophes naturelles liées au climat — l’enchérissement de la nourriture et les émeutes de la faim voire les révolutions populaires ne sont plus à établir. Ce sont des faits.
Et mon ours, il va falloir qu’il marche longtemps encore pour trouver sa banquise. Les requins et les crocodiles ont plus d’avenir, c’est sûr. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.