Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2011
   


 
 
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Je dis cela, je ne suis pas tout à fait juste. Des gens de culture de la Louvière et du Hainaut avaient attiré l'attention il y a quelques mois sur le sort fait aux faïenceries. Mieux que cela, avertis de la destruction imminente de l'espace musée des faïenceries, quelques-uns d'entre eux étaient allés récupérer en commando, archives, outils, machines, assiettes et pots afin de les mettre en lieu sûr.
C'était balèze, c'était gonflé, c'était utile, mais on ne peut pas dire que cette usine démolie et ces ouvriers lassés - qui espèrent eux-mêmes un licenciement qu'ils voudraient au moins décent - aient scandalisé dans un pays qui lui aussi s'évanouit. Nous avons, direz-vous, d'autres chats à fouetter, mais ne sont-ce pas non plus nos chats, on se le demande, que ces gens jetés comme de la vaisselle, par les fenêtres ? Que ce savoir-faire unique livré aux déchireuses ? Que ce patrimoine dilapidé ? Que cette histoire sacrifiée ?
Et puis sans doute ce feuilleton d'une mort annoncée n'avait-il que trop duré. Et d'ailleurs nous n'aimons vraiment les histoires que lorsqu'elles se terminent bien. Celle-ci a été conclue par le dernier repreneur, on y avait cru un court moment, fugace, mais repreneur est aussi un mot en eur, cela aurait dû alerter.
Il dit aujourd'hui que la seule relance possible est à l'étranger, le site est saccagé, l'outil de travail inexistant, mais la marque lui appartient et il entend récupérer sa mise. J'étais allé deux fois à Boch dans mes chroniques nomades. Il n'y aura pas de troisième fois. Boch n'existe plus. Boch est mort. Boch a été pillé.
Faut-il donc que les peuples soient en colère pour préserver ce qui leur appartient ? Ou bien serait-ce que nous en sommes toujours à nous courber devant les logiques économiques quand nous ne le faisons plus devant les volontés politiques ? Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.