Lautresite, le jour, les billets du mois de février 2011
   


 
 

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En ce jour du mercredi 2 février 2011,On entendait qu’au Caire, des gens avaient pillé des musées et vandalisé des momies. On s’en était ému, on s’en était scandalisé. On entendait aussi que les manifestants, et l’armée aussi d’ailleurs, gardaient et préservaient désormais ce patrimoine.
Comme d'autres gens le faisaient dans la vallée du Nil, près de Louxor, là où les villageois se sont relayés armés de gourdins pour interdire l'accès des tombes pharaoniques aux pilleurs. On entendait cela.
On entendait aussi que les voleurs du Caire avaient été arrêtés et que rien n'était à signaler dans la vallée des rois. Et rien que cela d'ailleurs - que des gens s'occupent de leurs affaires - aurait dû freiner l'ardeur des spéculateurs, ainsi que nous en parlions hier. Mais ce n'est pas cela, le sujet de cette chronique, les spéculateurs. Encore que. Peut-être bien.
Mais donc, tandis que l'on voyait un peuple en révolte, en révolution, garder un œil jaloux sur ce patrimoine qui fait aussi sa mémoire, sa culture et son économie, nous voyions, nous ici, disparaître sous nos yeux un joyau patrimonial, mémoriel, culturel et économique, sans que personne, à ce que l'on ait vu, ne se soit enchaîné aux portes de l'usines Boch, à La Louvière, pour empêcher qu'on détruise les moules, d'abord, les murs ensuite, le travail enfin. De Boch, aujourd'hui, il ne reste que des gravats. (...)