Lautresite, le jour, les billets du mois de décembre 2010
   


 
 
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Parce que, chez nos voisins français, la loi Loppsi 2 qui sera votée demain, qui devrait l'être et qui le sera donc, donne autorisation aux préfets de déloger désormais sous les 48 heures tous ceux qui répugnent ou ne peuvent accéder à la maison de briques et de les punir d'une amende suffisamment dissuasive : y compris 3750 euros pour un propriétaire amical qui s'y opposerait.
Tout est pourtant mobile et nomade aujourd'hui. Chacun se promène avec un iPod ou un iPhone, Jacques Attali le prédisait il y a bien longtemps maintenant : nos vies seraient mobiles et nos objets nomades, mais que n'avait-il pensé également au logement qui lui aussi se déplacerait ? L'eût-il fait qu'il se serait heurté là à un véritable tabou car toujours l'Etat a voulu savoir qui était là et qui était où et qui faisait quoi. C'est tout l'esprit de cette loi Loppsi.
Et voilà donc que, quatre jours avant Noël, l'Assemblée nationale va criminaliser ceux qui veulent s'en aller crécher ailleurs qu'en pavillon de banlieue ou en HLM, mais, voyez-vous comme c'est étrange, le quotidien Libération nous apprenait ce matin que peu de villes en France respectaient l'obligation, légale elle aussi, de construire de l'habitat social, 20% de leur parc immobilier en fait, de sorte que l'on se demande où vont bien pouvoir atterrir les gens qu'on ne veut ni accueillir chez soi ni tolérer chez eux.
On sait bien pourtant, on le sent, que ces déviants du logement, ultraminoritaires aujourd'hui, annoncent des lendemains où le logement ne sera pas plus durable que l'emploi. Et où l'alternative ne sera plus une dissidence mais une nécessité.
Mais pour l'instant, comme le disait un manifestant, tout ce qu'il reste, c'est d'aller faire une prière, dans sa crèche, au petit Crésus. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.