Lautresite, le jour, les billets du mois de décembre 2010
   


 
 

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En ce jour du jeudi 2 décembre 2010, C'était fort intéressant ce que disait dans Libération de ce matin Umberto Eco à propos de WikiLeaks. On aurait dit qu'il avait écouté la chronique d'Edouard Delruelle sur la transparence et puis la mienne aussi, excusez, sur la banalité.
Je dis cela parce que, de fait, à un certain moment, on est à bout d'arguments concernant cet assaut de voyeurisme démocratique. On finit tous par dire plus ou moins la même chose. Que le roi est déshabillé autant que le citoyen est nu. Que le dévoilement des uns est le miroir de l'effeuillage des autres. Que tout cela finit par ressembler aux scanners corporels des aéroports. Que l'hypocrisie n'est plus tenable. Que les secrets ne sont secrets que parce que l'on les pense comme tels. Qu'un vrai secret est une nouvelle déjà connue de tous. Que la vraie transgression de Julian Assange est d'avoir révélé que les secrets enfermés dans ces notes étaient précisément des secrets connus de tous. Et que le dernier mystère restant sur cette terre c'est : où peut bien se terrer justement Julian Assange ? En Grande-Bretagne dit-on ici et là. Quelle étrangeté, quelle bizarrerie, de se cacher dans un endroit où tous les chemins mènent à la mer, mais peut-être que non, peut-être est-il simplement dans le salon de votre voisin, une campagne de publicité pour un quotidien populaire nous dit cela pour l'instant : acheter le journal c'est savoir ce qui se passe chez votre voisin. Nous sommes tous des WikiLeaks en puissance, autant le savoir. (...)