Lautresite, le jour, les billets du mois de novembre 2010
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 18h00 sur la rtbf

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"Stéphane Dupin est en pole position. Il met Raging Thunder 2 sur pause pour voir où en sont ses actions sur Top Stocks : elles s'envolent ! Il faut vendre, là, dans la seconde. Il saisit sur son Palm les premières lettres du nom de son courtier : mail, mobile, Facebook, tous les moyens de contact s'affichent directement, et en moins d'une minute, l'ordre est passé. Fortune faite, Stéphane remonte un peu le son sur GrooveShark et reprend sa place dans le circuit. En tête, évidemment."
Sans commentaire. Et sans transition aussi, comme on dit à la radio, voici la deuxième pub. Je vous lis aussi.
"Nous sommes trop informés pour réfléchir. Nous subissons les crises sans moyen de réagir. Nous communiquons plus que nous n'avons à dire. Nous sommes libres, autonomes et souvent seuls. Nous vivons le monde sur les écrans, le virtuel gagne sur le réel. Nous avons levé les blocages, mais cherchons encore le désir. Nous sommes affranchis des illusions, des religions, des idéologies, mais nous avons perdu nos repères. Nous allons de plus en plus vite, mais où ?"
Sans plus de commentaire... Le premier texte concerne la promotion d'un smartphone, le deuxième le lancement d'un magazine, comment dire, psycho- philosophique. Et ces pubs sont identiques en ce qu'elles entendent toutes deux nous vendre quelque chose. Sinon, tout les différencie. Y aurait-il, se demande-t-on, deux visions du monde plus opposées : la vitesse contre la lenteur, l'impulsion contre la réflexion, la compétition contre le désir, la profusion contre les repères ? Et comment appeler cela, sinon des éditoriaux publicitaires qui, sous couvert de promouvoir une firme, font valoir leur projet de société ? La fracture politique, aujourd'hui, est désormais lisible dans la pub. C'est tranché, c'est net, c'est du combat. En d'autres temps, on aurait appelé cela des pamphlets. Ah, on est parfois étonnés d'où va se cacher de nos jours la presse d'opinion. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.