Lautresite, le jour, les billets du mois de novembre 2010
   


 
 

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En ce jour du jeudi 25 novembre 2010,
Quel bonheur d’entendre ce matin, en direct de Port-au-Prince, la voix de Lyonel Trouillot, cet écrivain haïtien dont je vous disais il y a quelque temps, qui s’étonnait que l’on s’étonne encore que le réel le plus souvent nous désobéisse…
Et que l’on continue à penser, par exemple, qu’il est possible de le faire passer sous la férule de la technique et de l’expertise et de le tordre à nos volontés, à nos bonnes volontés, plutôt, même, ajoutera-t-on.
Enfin, quand je dis : quel bonheur d'entendre la voix de Lyonel Trouillot... C'était celle d'un homme pressé d'en finir, sinon d'en découdre. "Je n'ai pas le temps d'être résigné" répondait-il ce matin en revenant sur les causes d'un échec désormais patent : celui de l'auto proclamée "communauté internationale", en Haïti. Et pourquoi donc, selon lui, cet échec, de la communauté des hommes et des pays ? Notamment, disait-il, "parce qu'ils n'ont pas traité les Haïtiens en tant que sujet parlant, qui avaient quelque chose à dire sur leur propre condition, quelque chose à penser sur leur propre réalité".
Et de fait, l'on apercevait hier une publicité d'une ONG française. Tremblement de terre, choléra : on aurait dit que tout cela était arrivé personnellement à l'ONG et pas aux Haïtiens. (...)