Lautresite, le jour, les billets du mois de novembre 2010
   


 
 
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Il en avait presque quitté l'axe du mal, mais non : le tigre nucléaire est bien vivant, il se reproduit à l'uranium enrichi, c'est même, à ce que l'on sache, dans son pays de famine, sa seule richesse...
Le gouvernement de Monsieur Poutine, qui en connaît un morceau sur l'enrichissement nucléaire, faisait savoir ce matin que le risque que ces tirs sur l'île de Yeonpyeong dégénèrent en conflit ouvert étaient, on cite, "colossaux". Nulle inquiétude alors, pour le sommet de Saint-Pétersbourg, le tigre en Asie ne semble pas en voie d'extinction.
En Europe, en revanche, les tigres ne se portent pas au mieux. Le tigre celtique est désormais sous perfusion. Il mange grâce aux dons et à l'aide qui arrivent de partout et on l'a mis à la diète. Ce tigre-là avait trop grossi.
On le regardait pourtant d'ici avec envie. Quand il est arrivé parmi nous, il était tout petit, pelé, presque galeux. Il était tout juste folklorique. On l'aimait bien, il vivait entouré de bières et d'écrivains, il se promenait le soir sur la lande et fabriquait de temps en temps du whiskey. C'était un tigron mignon.
Comment il a grandi a impressionné tout le monde. C'était un tigre magicien qui faisait de l'argent pas cher, un tigre de papier-monnaie. De partout on l'encourageait : ce tigre était une vitrine, il nous donnait l'image de ce que l'on aurait voulu être. Comment il maigrit désormais il fait peur à ceux qui restent. Le regarder aujourd'hui, c'est nous voir demain.
Alors, on est d'accord avec Vladimir Poutine pour qui, on cite encore, la situation du tigre est "proche de la catastrophe". Et on ajoute : d'autant que, tigre d'argent pour tigre d'atome, c'est quand ils sont au plus faible qu'ils nous font le plus peur. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.