Lautresite, le jour, les billets du mois de novembre 2010
   


 
 
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L'Europe a toujours été un lieu de marchandages disait mardi le professeur Nicolas-Jean Brehon invité chez Eddy Caeckelberghs. De marchandises aussi. Et l'on est toujours à se demander si marchandages et marchandises fournissent un cadre conceptuel suffisant pour qui voudrait, par exemple, d'une idée neuve en Europe. Qui disait cela : que le bonheur était une idée neuve en Europe ? Saint-Just. Saint-Just a mal tourné, mais la nouvelle présidente brésilienne Dilma l'a rattrapé au tournant.
Les Brésiliens veulent en effet inscrire le droit au bonheur dans leur Constitution. C'est l'ancien ministre de l'Education, au beau nom de Buarque, qui le propose. Ce texte dira donc que quelques-uns des droits sociaux essentiels pour atteindre le bonheur sont l'éducation, la santé, l'alimentation, le travail, le logement, le repos, la sécurité sociale, la protection de la maternité et de l'enfance ainsi que l'assistance aux plus démunis.
Et quand on demande au ministre Buarque si tout cela vaut bien la peine puisque le texte précise aussi que l'Etat ne sera pas obligé de garantir ce droit au bonheur pour chacun de ses citoyens, il répond que cela sert avant tout à "changer l'imaginaire de la société quant à la dignité humaine". Je vous répète ce bout de phrase : "Changer l'imaginaire de la société".
Et la voilà peut-être bien, la petite différence entre notre vieux continent et les pays émergents. Nous, on a un président qui parle de mourir, eux, ils ont un ministre qui appelle à rêver. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.