Lautresite, le jour, les billets du mois de novembre 2010
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 18h00 sur la rtbf

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Car le facteur envoya aussi des milliers de lettres, comme pour faire vivre les PTT et le service public : dessus il écrivait chaque fois confraternellement : "Merci facteur".
Vous allez me dire : pourquoi viens-je vous parler aujourd'hui d'un poète inconnu dont vous ne lirez les textes dans aucune anthologie tandis que le Goncourt fait la une de journaux et que celui-là au moins vous le trouverez partout ? Peut-être parce que c'était quelqu'un qui pouvait écrire sur le temps de guerre des choses comme : "Des hurlements couvraient la voix des chiens. On répétait souvent : Demain".
Parce que, aussi, c'était quelqu'un de cette poésie directe qui marque la libre gouaille d'une époque où le peuple était encore populaire :
"Un homme déguisé vient me voir
Pour me demander des comptes.
Il est assez drôle
Avec sa cravate
Et son faux-col
Et sa serviette.
Je suis chef de bureau, qu'il me dit.
Bonjour Bureau, comment va ta cravate, que je réponds".

Et que l'on a pensé à cela, à ce poème, en entendant ce midi à la radio le porte-parole de la SNCB se plaindre du fait que les feuilles ne tombent pas le même jour chaque année.
Et peut-être aussi beaucoup parce que, nous autres qui nous méfions des gens qui nous apportent des colis, parce que les colis, ces temps-ci, peuvent être piégés, aimerions bien recevoir une lettre avec écrit dessus, simplement : "Merci facteur". Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.