Lautresite, le jour, les billets du mois de novembre 2010
   


 
 

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En ce jour du mardi 9 novembre 2010, Un poète habita une grotte, dans cette région, vers Saumur, dans l'Anjou, où l'on trouve sans mal à se loger dans les pierres. Il était facteur, comme celui du nom de Cheval, mais lui préférait qu'on l'appelle Rural pour la raison que la campagne était ce territoire où il distribuait ses cartes.
Il était né à Marchiennes, l'autre, avec un s, la Marchiennes de France, du Nord, mais c'est comme la nôtre, enfin c'était : ouvriers, usines, fumées. Le nom du poète c'est Jules Mougin, enfin c'était, il est mort hier il avait 98 ans et voici son épitaphe : "Je suis né en 1912, mon père est mort, ma mère est morte".
J'ai dit deux ou trois choses de lui : que ce poète était un facteur et qu'il vivait en troglodyte et c'est assez : car c'est ainsi qu'il est passé dans la littérature. Enfin passé, vous ne le trouverez dans aucun dictionnaire, mais enfin, on lit ceci dans les entrefilets des gazettes : le poète-facteur-troglodyte est mort à 98 ans. Et l'on ajoute le plus souvent : c'était une figure de l'art brut. C'est vrai, c'était un ami de Chaissac et de Dubuffet et c'est vrai aussi qu'il dessina beaucoup, et c'est vrai encore qu'il n'appartenait à aucune école et qu'il n'avait pas fait d'études. C'était, comme on ne dit plus, un artiste prolétarien. Antimilitariste absolu et pour cela proche de Giono. Et un écrivain d'une liberté de plume totale et pour cela, compagnon de Louis Calaferte à qui il écrivit souvent. (...)