Lautresite, le jour, les billets du mois de octobre 2010
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 18h00 sur la rtbf

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Moi j'ajouterais que ces hommes qui soufflent ont sans doute commis grand péché, car les voilà, comme les Danaïdes, condamnés à expirer sans fin, ce n'est pas remplir un tonneau sans fond cela, c'est bien pire.
Car observez maintenant le souffleur et celui qui l'active. Voici qu'ils trouvent des feuilles égarées -la feuille perdue est leur métier, leur passion, leur raison, leur mission. Tout de suite les voilà qui se mettent en branle, ils soufflent. C'est un ballet ébouriffé qui surgit : voici maintenant que les feuilles virevoltent, dansent, tourbillonnent, tournoient, ondoient, ondulent, volettent et vibrionnent puis s'apaisent en formant un petit tapis indocile.
Ce ballet terminé demanderait bien un balai, une petite pelle aussi, mais non : voilà les souffleurs qui s'en vont, car ils ont maintenant accompli leur œuvre de souffleurs : ils ont déplacé la question. Ces feuilles éparses qui ont perdu leur arbre et vivotent sur les trottoirs ou les allées s'égaient alors, elles se séparent, se fragmentent, se divisent, reprenant chacune le cours de leur errance.
On annonçait hier et on parlait ce matin de cette mesure d'urgence, consistant, après deux ans, à trouver enfin du logement pour les demandeurs d'asile laissés jusqu'ici à pour beaucoup la rue. Rien à dire, cela fait du bruit. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.