Lautresite, le jour, les billets du mois de octobre 2010
   


 
 
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Le réel, il sait choisir, lui, entre la peste et le choléra. Il peut même à l'occasion révéler une faille sismique que l'on n'avait pas encore repérée et qui court sous Port-au-Prince comme une menace immanente. Alors, les mots de Lyonel Trouillot ne se videront pas avant longtemps. On ne les a pas écoutés avant, il faudrait peut-être les comprendre maintenant.
Curieusement, cette colère noire nous renvoie aux mots entendus ce matin de Georges Frêche, maire de Montpellier, qui réinstalla il y a peu de temps dans sa ville la statue de Lénine et qui aurait bien voulu en poser bientôt une aussi de Mao, mais une crise cardiaque a emporté celui qui traitait (ce sont là ses mots donc) les harkis de sous-hommes et qui ironisait sur la couleur foncée de l'équipe de France de football, mort donc au moment même où par un revirement politiquement correct la ville de Montpellier annonçait samedi l'interdiction d'une manifestation promotionnelle de Guerlain sur sa Place de la Comédie.
En cause, les propos de Jean-Paul Guerlain, vous savez bien, on en cause tout le temps ces temps-ci, comme quoi il s'était mis à travailler comme un Nègre et qu'il ne savait pas d'ailleurs si les Nègres avaient jamais tellement travaillé. On s'en offusque partout, jusqu'à donc Montpellier. On manifeste. On défile. Comme si les mots indignaient plus désormais que les faits.
Car, après tout, qu'est-ce qui est le plus raciste à la fin ? Dire : "Travailler comme un Nègre" ou laisser crever comme un Haïtien ? Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.