Lautresite, le jour, les billets du mois de octobre 2010
   


 
 

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En ce jour du lundi 25 octobre 2010,
On le disait déjà mercredi dernier que le réel désobéissait et on le disait en citant la colère de l’écrivain haïtien Lyonel Trouillot, dont le verbe fort et haut pourfendait voilà peu ce qui à Port-au-Prince faisait désordre, c’est-à-dire l’ordre que l’on entend y mettre, cette mise au pas qui semble vouloir reproduire les mêmes exclusions qu’avant le séisme, les aggravant même parfois.
Et voilà que ce week-end, le réel a de nouveau désobéi, et en Haïti encore bien, avec ce choléra que l'on nous annonçait et qui vient vider les viscères d'un pays exsangue, sous contrôle international, multimodal et mondialisé. Un pays quadrillé comme aucun autre et pourtant, là-dedans, au milieu des fanions des ONG, des slogans des nations unies et des prières des missionnaires états-uniens, on voit ce que l'on avait pas vu depuis cent ans : une épidémie cholérique. Et que fait là ce choléra sinon sans doute répondre à la colère de l'écrivain Trouillot : le réel désobéit sans doute, mais il est têtu, il tient tête. Le réel embraye sur la colère des gens et élargit leur misère. Il vient dire comme à chaque fois que l'on arrive toujours, oui, mais ailleurs. Et que ce n'est pas ce que l'on attendait qui survient. (...)