Lautresite, le jour, les billets du mois de octobre 2010
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 18h00 sur la rtbf

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Du lumpen-prolétariat littéralement, envoyé par le fond à 600 mètres sous terre avec des conditions de sécurité liminaires. Mais quoi, voilà des ouvriers qui ressemblent encore à des ouvriers, des gars méritants aux visages et aux mains sales qui sentent nos années 50. Un chromo. Une image. Et d'ailleurs le pavé de la mine est devenu un vaste studio de télévision où se croisent hommes politiques, vedettes de la chanson et familles éplorées. C'est un rêve politico-médiatique, ces ensevelissements qui sont aussi des renaissances...
La France qui elle aussi a bien besoin d'un plan B, en ces jours où l'Etat semble battre en retraite, commence précisément à se passionner pour l'odyssée d'un spéléologue coincé dans un gouffre d'Ardèche depuis plus d'une semaine. Une seule chose alors à espérer : pourvu que ça dure. Les caméras là aussi guettent en effet déjà ce trou dont pourrait surgir l'histoire salvatrice, car ce qui est sauvé dans ces histoires de gens sauvés, ce ne sont pas les gens, ce sont les histoires.
Qui racontera alors, celles de ceux-là qui ont commencé à marcher le jour même de la grève totale des TEC et de la grève partielle des trains ? C'est aujourd'hui en effet que s'élançait à partir de Hogne, dans le Namurois, la marche des chômeurs. Ils sont une dizaine et vous devinez bien pourquoi ils marchent. Leur nombre enflera au fur et à mesure qu'ils se rapprocheront de Bruxelles où ils arriveront samedi prochain. L'autre jour chez Martine Cornil, à leur sujet, quelqu'un disait : "C'est important un chômeur qui marche, ça veut dire qu'il est debout". Alors on a envie de crier pour qu'on nous entende bien jusqu'au fond de ces trous où nous aimons, semble-t-il, nicher nos solidarités : "Ça intéresse quelqu'un, des histoires de gens debout ?". Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.