Lautresite, le jour, les billets du mois de octobre 2010
   


 
 
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Mais son image tutélaire, finalement, est André Malraux à qui sans doute il ressemble plus et qui connut le même itinéraire que lui. Sauf le Prix Nobel. Parce que, trop à droite, dit-on, à la fin de sa vie. Un prix que Vargas Llosa ne pensait pas obtenir non plus. Ses positions ultra-libérales, pensait-il, étant de nature à indisposer les jurés suédois.
C'est sans doute le deuxième enseignement de ce Prix : c'est que le jury du Prix Nobel de littérature s'occupe de littérature. De géographie aussi puisque cette distinction lui a été attribuée, a dit l'Académie suédoise, pour "sa cartographie des structures du pouvoir" en même temps que pour "ses images aiguisées de la résistance de l'individu, de sa révolte et de son échec".
Cela, l'individu, la révolte et l'échec, sera précisément au centre d'un prochain livre qui devrait nous intéresser beaucoup ici puisqu'il concerne Roger Casement, ce diplomate irlandais dont les rapports sur l'Etat du Congo firent beaucoup au début du 20ème siècle pour décrédibiliser Léopold II.
Casement s'intéressa aussi au sort des Indiens péruviens, c'est pourquoi Varga Llosa s'y intéresse à son tour. Casement, qui était donc Irlandais, était aussi indépendantiste et tenta de profiter de la première guerre mondiale pour inviter les troupes de Kaiser à envahir l'Irlande et fut pendu quelque temps plus tard pour trahison. Pour les uns, un traître, pour les autres un héros.
C'est tout Vargas Llosa, ça. Et on se dit, peut-être qu'il y a des livres qui sont aussi des testaments. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.