Lautresite, le jour, les billets du mois de octobre 2010
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 18h00 sur la rtbf

Ecouter la chronique du jour .


Etre trop léger, serait faire fi de ce qui par ailleurs, tourne carré dans ce monde et dans ce pays qui existe encore, autour d'Anvers non plus, par exemple, ça ne circule pas rond car les gens de chez Opel aussi vont repartir de zéro. On fera bientôt une friche de cette usine si l'on a bien compris, un terrain vague, mais on supprime aussi dans les villes les places de parking alors pourquoi plaindre encore ceux qui fabriquent des autos que l'on ne veut plus, ça tourne carré, je vous le disais, les places sont rares et chères et les terrains sont vagues.
D'un autre côté, être trop grave ce serait aussi sans doute risquer de se prendre les pieds dans une sorte de storytelling dont les lignes stratégiques et les écarts tactiques égarent mais qui, depuis 113 jours, entretient l'illusion d'une action, d'un mouvement, ses climax, ses points d'orgue, ses rebondissements... On a, au final, l'impression d'un feuilleton dont chacun se moquerait bien de la fin pourvu qu'il finisse enfin. On se dit et si c'était cela ? Si tout cela, finalement, était gagné de guerre lasse ? Si la lassitude était le mot de la fin ?
Et l'on pense à ce tableau de Goya, vous savez bien celui qui s'appelle "Duel à coup de gourdins" où l'on voit deux hommes agiter leur bâton dans une bataille féroce on ne sait lequel va l'emporter mais si on regarde mieux, on voit que leurs jambes sont enserrées dans des sables mouvants et que ceux-là vont les avaler. L'issue du combat alors n'intéresse plus personne. De cette guerre, nous sommes las. Et nous vient alors cette question, nous qui savons que le palais royal aujourd'hui est comme assiégé, entouré de chevaux de frise et de chiens pisteurs. On se demande : comment dit-on zéro en chinois ? Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.