Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2010
   


 
 

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En ce jour du jeudi 30 septembre 2010,
Hier, tandis que l’euromanif se disloquait, on flânait aux abords du Cinquantenaire, poussé là par une circulation fluide, nous ne voulions pas être en retard : nous fûmes en avance. Mais comme il y a du Victor Hugo en chacun d’entre nous, nous nous arrêtâmes pour voir.
Et donc, voici la chose vue, toute petite, rien du tout, une parmi ces cent mille scènes - ou ces 56 000 selon la police - que l'on a dû vivre hier dans ce bariolage finalement joyeux : l'austérité étant ce contre quoi l'on défilait, pas vraiment ce que l'on manifestait.
Je vous présente donc, sur ma droite, deux messieurs en costume trois pièces avec mallettes et valises à roulettes, emportés par hasard dans ce tourbillon syndical. Ils ont l'air, oui, austères, ils parlent anglais et se demandent bien comment rejoindre leur hôtel, il n'y a pas de taxi, la station de métro est fermée, aucun bus à l'horizon et même plus de vélo non plus au parking Villo.
Engageant la conversation avec un ambulancier, ils s'entendent envoyer à la gare ou presque, le brancardier n'a pas son brevet de voyagiste et en plus il n'est pas du quartier. (...)