Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2010
   


 
 

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En ce jour du jeudi 23 septembre 2010, On va rompre une lance aujourd’hui. J’ai une amie qui appelle ça : "La force de la bonne idée". Je parle de cette carte blanche qu’a publié Le Soir ce matin, une carte blanche flamande, une autre, oui vraiment : une autre.
Elle est signée d'un jeune écrivain, David Van Reybrouck, 39 ans, et elle prône rien moins, pour sortir de l'impasse, que la constitution d'une conférence nationale des gens : "Je vois venir des citoyens, écrit-il. Je vois mille Belges se réunir pendant un mois au Palais du Heysel". Et il détaille sa vision : des plénières où l'Histoire serait auscultée pour la laisser derrière soi, des experts, non Belges, venant donner des avis, des sessions consacrées à Bruxelles ou à la dette, des débats, des recommandations... Enfin bref il expose là une méthodologie de l'écoute et de l'empathie, ce que l'on appelle en d'autres lieux, "une technique de résolution des conflits". Le tout, insiste-t-il, serait diffusé en direct par les télévisions : un forum qui serait aussi un feuilleton, une histoire en train de se faire.
Ce qui caractérise souvent une bonne idée, c'est qu'on la pense d'abord naïve. La naïveté naît de la simplicité et de la limpidité et, je ne sais pas pourquoi, mais on juge rarement que la simplicité et la limpidité soient vraiment politiques. Les pères de l'Europe, par exemple, eurent tellement peur de la naïveté de leur idée qu'ils se sont empressés de la compliquer pour être pris au sérieux. (...)