Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2010
   


 
 
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Mais on sait aussi comment les maux renvoient aux mots : alors, se demanderait sans doute un écoutant lacanien devant cette profusion langagière au champ sémantique restreint : Bart De Wever craindrait-il par hasard qu'on lui fasse quelque chose dans le dos ? Et si oui, quoi ? Un enfant, un accord, un pays ? Le même pays ? Aïe.
Ah, ce dos en dit peut-être beaucoup finalement de l'irruption de l'inconnu et comment il vous faudrait aussi, pour se garder à gauche, pour se garder à droite, des yeux derrière la tête pour vous prémunir de cela : que l'on vous tende une main au lieu de vous tourner le dos.
Il y a quelques jours, après que l'on avait déjà ici parlé de dos, une auditrice m'avait envoyé ceci : "Savez-vous, me disait-elle, que pour les Indiens Quechua, le passé est devant eux ? Et pourquoi est-il devant eux tandis que pour nous, il est derrière ? Hé bien, parce qu'ils l'ont déjà vu".
C'est une idée formidable, ce passé que l'on porterait devant soi. Car c'est de lui effectivement que nous enfantons. Mais à quoi alors montre-t-on son dos ? A l'avenir qui serait derrière nous ? C'est peut-être bien cela, finalement : nous serions poussés par l'avenir. C'est lui donc qui nous envoie vers l'avant, c'est-à-dire, si l'on comprend bien, vers le passé. C'est sans doute pour cela que Bart De Wever en a plein le dos, finalement : ce passé qui ne passe pas, il est passé par ici et il repassera par là. Allez, belle soirée et puis aussi bonne chance.