Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2010
   


 
 
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Dieu seul le sait- et qu'il dézingue aussi, tant qu'à faire, cette onctuosité sermonneuse que nous avons entendue ce matin et qui frissonne au mot de "pédophile".
C'eût été formidable et d'ailleurs faudra-t-il peut-être du cinéma pour venir à bout de cela : de cette condescendance victimaire où l'on ne sait plus trop qui est le martyr de qui et il eut fallu Pasolini sans doute plutôt que Chabrol pour nous expliquer pourquoi désormais c'est aux hommes que l'on demande de confesser Dieu.
Le carcan moral et culpabilisant dont nous sommes peu ou prou, mais plutôt prou, les héritiers, n'aurait-il donc valu que pour nous, se demandent ceux-là à qui l'on parle aujourd'hui d'un centre d'écoute pour les victimes, "un priestfocus" en quelque sorte, comme si notre besoin d'absolution était décidément inextinguible.
Aussi bien, vais-je en terminer avec la parabole du pêcheur, de l'ancre et de la baleine, elle nous est arrivée ce matin par les agences de presse et sa résonance tombe à pic. Il s'agit donc d'un marin pêcheur sud-africain naviguant au large du Cap, dont le bateau percuta hier dimanche une baleine. Il ne l'avait pas vue, il n'avait pas fait attention, il ne s'attendait pas à en trouver si près des côtes, la collision fut soudaine et l'accident vertigineux : baleine abordée, bateau soulevé, un combat de Leviathan. Dans le choc, l'ancre se décrocha et vint en virevoltant frapper en pleine face le pêcheur imprudent dont elle fracassa la mâchoire. Alors, soyons-en d'accord : "Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain et croire que l'océan n'est qu'un tsunami". Sans doute. Mais il y a parfois des baleines. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.