Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2010
   


 
 

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En ce jour du mercredi 8 septembre 2010, On dirait bien que c'est l'éternel combat de l'eau et du feu. Je veux parler de ce qui se passe entre Messieurs Benzizine et Jones. Ahmed Benzizine et Terry Jones ne se connaissent pas, je pense, ils bénéficient juste de la proximité que leur procurent les pages des journaux et les flashs d'info.
Ahmed Benzizine est algérien et chef de chantier, en France, pour des réfections de monuments historiques et des restaurations de bâtiments religieux. Et c'est son visage que porte désormais une de ces gargouilles rénovées qui ornent la primatiale de Lyon. C'est le tailleur de pierre qui l'a voulu ainsi.
Les tailleurs de pierre et les bâtisseurs de cathédrales sont souvent gens pittoresques et rieurs, souvent grivois, parfois même pornographes. Regardez les tympans des cathédrales, observez les sculptures tout autour, vous verrez de drôles de choses. Mais ici, rien de tel. Rien qu'une histoire d'amitié entre deux ouvriers artisans. Cette gargouille, dont il fallait refaire la tête, est un hommage aux 37 ans de travail exemplaire d'un maître de chantier œcuménique, dit-on à Lyon, où personne, dans l'administration ou dans le clergé, ne s'offusque que ce soit désormais de la bouche de cet ouvrier musulman que coulent désormais toutes les eaux du ciel lyonnais. Car une gargouille, finalement, ce n'est jamais rien d'autre qu'une gouttière qui finira au patrimoine national. (...)