Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2010
   


 
 
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C’est peut-être bien aussi tout un symbole. Car que vient subitement faire cet éloge anticipé de la lenteur dans un monde où, comme le disait le sociologue allemand Hartmut Rosa dans le Monde de ce week-end, nous avons "le sentiment de courir de plus en plus vite sans jamais aller nulle part"? Et où chacun disait-il, craint de tomber s’il n’avance pas ? Non pas de s’arrêter, tout simplement, comme on le ferait en marquant le pas pour ralentir, mais bien de tomber, de se fracasser, de disparaître, avalé par ce temps dévoreur qui sonne sur nos gsm, qui rétrécit nos voyages et qui diminue notre espace ?
C’était intéressant, ce que disait ce philosophe, car il notait aussi que ces accélérations que nous subissons produisent également des désynchronisations qui nous perturbent. Par exemple, que les temps de la politique et de l’économie n’étant pas pareils, la politique donne toujours le sentiment d’arriver trop tard, de n’être pas en phase, d’être déjà dépassée en avançant.
Alors voyez-vous, par ces temps où l’on parle de refinancement de Bruxelles, la Région, je me demande si cette limitation de vitesse à 30 à l’heure dans le centre ville n’est pas un message subliminal destiné aux négociateurs après 80 jours de préformations. Puisque nous avons encore un gouvernement qui s’occupe des affaires qui courent, disent ces panneaux, nul besoin de presser le pas, ne vous précipitez pas, et tâchez de concilier ces temps de la réflexion et de la décision.
Car Bruxelles, on le sait maintenant, ne vaut pas un excès de vitesse.
Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.