Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2010
   


 
 
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Mais enfin, dans ce retour du refoulé, retenons néanmoins ceci : en toutes choses, nous avons besoin de papiers. La Belgique, on l’oublie trop souvent, même malade, même fragile, est certes une terre de poètes mais aussi un pays de notaires.
Il faudrait peut-être l’expliquer au Parti Populaire pour qui le chaos c’était il y a trois jours, quand on s’aperçut qu’une fois virés Rudy Aernoudt, le co-président du mouvement, et Nathalie Noiret, la co-présidente des jeunes, le Parti avait licencié aussi les deux tiers de l’assemblée générale de l’Asbl censée gérer les 431 000 euros de la dotation publique provenant de ses résultats électoraux et de l’élection de son seul député : Laurent Louis, l’homme qui ne croit pas aux Roms et par qui le scandale et l’excommunication sont arrivés. Ce sont donc les virés qui disposent de la majorité financière, au PP, c’est statutaire, un notaire le sait, un avocat moins apparemment, et c’est sans doute pourquoi l’on en terminera ce soir, avenue Molière, avec le vote de nouveaux statuts donnant au président les pleins pouvoirs et des pouvoirs pleins, un hyperprésident en quelque sorte, dressant ainsi une distinction sémantique nette entre ce qui serait populaire et ce qui est démocratique.
Aussi, par ces temps, où il n’est question que de confiance perdue et de méfiance retrouvée, je m’en voudrais de ne pas vous citer ma propre devise, elle est aussi en latin, un peu compliquée certes, mais tellement savoureuse : "A bove ante, ab asino retro, a stulto undique caveto" et je vous traduis : "Prends garde au bœuf par devant, à l'âne par derrière et à l'imbécile par tous les côtés".
Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.