Lautresite, le jour, les billets du mois de septembre 2010
   


 
 
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"Il faut repartir d'une page blanche" avait dit un jour, en d'autres temps, Elio Di Rupo, mais ici, à ce que l'on comprend c'est de la feuille même, de sa forme, de son format donc, qu'il s'agit de décider. Un pré-formateur, alors, ne serait pas un rédacteur, quelqu'un qui rédigerait quelque chose, mais une sorte de papetier mélangeant ses chiffons, tournant sa pâte, malaxant sa cellulose, car le papier finalement ce n'est rien d'autre qu'un compost qui a réussi.
Et à cette aune, il est assez logique que mon correcteur d'orthographe ne reconnaisse pas une feuille sur laquelle il n'y a encore rien d'écrit. Pire, une feuille qui n'existe pas encore. Comment voulez-vous négocier dans ces conditions ? Comment voulez-vous user de diplomatie, qui est l'art, on le sait peu, de plier des papiers en deux : diplôme, diplomate, il s'agit là de choses et de gens doubles.
Et quand on sait, lorsque l'on négocie, à quel point il est parfois difficile de s'accorder sur la forme même d'une table ronde, on imagine comment ce doit être compliqué de décider d'une trame et d'un filigrane, quand le papier même est encore hors format.
Ah vraiment, Olivier, c'est bien tout le génie belge, ça, d'affronter des choses que nous ne connaissons pas avec des mots qui n'existent pas. Il nous faudra donc toujours inventer à partir de rien. Assurément, un pays pareil qui doit créer des mots pour continuer de vivre manquerait terriblement... sur la carte. Alors, vous savez quoi ? On tournerait bien un peu dans la pâte à papier pour que le champ des possibles ne devienne pas celui du cygne. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.