Lautresite, le jour, les billets du mois de juin 2010
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

Ecouter la chronique du jour sur le blog de "Matin première".

De sorte que, parfois, comme à Saint Josse, on doit mettre à la porte pour tenter d’en ouvrir une autre. Les demandeurs d’asile sont aujourd’hui relogés, mais ce n’est pas le problème, le problème, ça reste la porte. Les portes aujourd’hui servent plus à faire sortir qu’à permettre de rentrer. Il faudrait supprimer les portes… S’il n’y avait pas eu de portes au Delhaize de Seraing, l’employée qui avait mangé sans la payer cette fameuse praline que la date de péremption guettait, n’aurait pas été mise dehors. On aurait jeté la praline sans doute, mais pas cette dame de 50 ans avec 25 ans de maison. La loi de la pesanteur est dure mais c’est la loi, a dit la direction. C’est drôle : ne viens-je pas de vous dire, Serge, comment on s’en accommode, de la légalité, en d’autres occasions ? Ah, comment il nous faut les porter, ces portes… Jean Valjean, reviens, ils sont devenus fous. J’échangerais volontiers les chandeliers de Monseigneur Bienvenu contre les pralines de la gondole de chez Delhaize…
Voilà.
En deux exemples seulement, j’ai fait le bilan de ma saison, c’est-à-dire pas de bilan du tout, parce que de septembre à juin, on a l’impression d’une lancinante et inquiétante progression du même et c’est pour cela que j’ai voulu en terminer avec les réfugiés et les licenciés, on dira que j’en parle trop, je dirai pas assez, parce qu’il faut aussi les supporter, ces portes qu’on nous fait porter.
Et c’est donc sur cette porte que va se refermer cette chronique de 7h17, c’était la dernière, l’an prochain, elle fréquentera sans doute d’autres fuseaux horaires. Et donc, aux auditrices postmodernes et aux auditeurs contemporains de 7h17, que je remercie de leur patiente attention, je dis une dernière fois, allez belle journée et puis aussi bonne chance.