Lautresite, le jour, les billets du mois de juin 2010
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Les critères de sélections des joueurs pour le prochain tournoi aussi se passent de commentaires : avoir été sans logement depuis le 1er septembre 2009, subsister en vendant le journal des sans abris, être demandeur d'asile non reconnu, suivre une thérapie de sevrage d'alcool ou de drogues après avoir connu un passage par la rue. Les équipes peuvent être mixtes. Elles sont constituées de 3 joueurs de champ et d'un gardien de but. Le match dure deux mi-temps de 7 minutes chacune. Et, bien entendu, tout cela se déroule dans les rues, enfin, plutôt sur une avenue assez large -au moins 16 mètres de large, 22 de long - pour accueillir les terrains, car c'est du football de bitume dont on parle, du foot de chaussée donc, de belles chaussées parfois, à Paris, ça se passera sur le Champ de mars.
C'est un Ecossais qui a eu cette idée, Mel Young, un entrepreneur social, comme l'on dit, qui va défendre ses projets jusqu'à Davos et son forum économique, lui aussi mondial. Il affiche un bilan tranquille pour cette sorte d'internationale des sans abris où même les sans papiers passent les frontières : 92% des joueurs, dit-il, se sont refait une santé morale, 39% sont retournés aux études, 35% ont retrouvé un emploi et le meilleur buteur ukrainien de la Coupe de 2009 a été engagé dans un club professionnel.
On ne croit pas trop aux contes de fées, Pascal, mais tout de même, c'est beau, n'est-ce pas de trouver encore des gens qui croient aux vertus éducatives du sport et aux valeurs morales du football… Faudrait peut-être en parler au philosophe Alain Finkielkraut qui disait voici quelques heures que les comportements de l'équipe de France lui rappelaient « les conditions que vivent les professeurs et les éducateurs dans les quartiers dits sensibles ». Sensible, vous avez dit sensible ? Allez belle journée et puis aussi bonne chance.