Lautresite, le jour, les billets du mois de juin 2010
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Peut-être en fait, avons-nous, -on en parlait avant-hier chez Eddy Caeckelberghs-, activé le « déclic de l'action » comme disent les psychologues et que nous aurions accepté de considérer l'ouragan déclenché tout autour de nous comme une opportunité de progrès, une chance qu'enfin, il se passe quelque chose.
Tenez, en regard, savez-vous, Pascal, que les gens riches quittent désormais l'Espagne, entrée en crise profonde depuis quelques mois, et que, pour la première fois, le nombre d'Espagnols partis à l'étranger a dépassé celui des migrants qui y arrivent ?
Les Espagnols aiment beaucoup nos provinces, ils l'ont prouvé par le passé - on prête au liégeois François Perrin d'avoir dit un jour que Charleroi était « une ville de soudards et de putains », je ne sais si c'est exact, s'il écoute jamais qu'il le fasse savoir, et pourquoi aurait-il dit cela sinon parce que Charleroi fut à l'origine une garnison espagnole, une ville fondée par un militaire, avant que les Français ne viennent civiliser tout ça ? - et donc, peut-être faut-il s'attendre à ce mouvement inverse où nos retraités respectifs choisiraient des plages réciproques où laisser blanchir leurs vieux jours. Nous leur avons envoyé nos pensions belges durant des années, que notre côte accueille donc cette drôle de retraite espagnole, ce ne serait que justice, tant qu'aucune agence de notation ne s'est encore occupée de la dégrader, notre cote.
Vous allez me dire, Pascal, vous ne trouvez pas la situation assez compliquée comme ça ? Ben si, justement. Mais vous me connaissez : à la complication, je préfère la complexité. Et la poésie aussi. Et j'ai entendu Hölderlin qui disait : « là où croît le péril croît aussi ce qui sauve ». Allez, belle journée et puis aussi bonne chance.