Lautresite, le jour, les billets du mois de juin 2010
   


 
 

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En ce jour du mardi 1er juin 2010, On cherchait une épitaphe pour ce qui s'est passé hier en Méditerranée, Pascal. On cherchait. On ne trouvait pas à vrai dire.
Et puis, pour combien de gens, cette épitaphe ? 2, 10, 16, 19, plus ? La censure tait aussi le nombre des morts, elle minimise quand elle ne peut pas taire. De sorte que la guerre des communiqués masque les communiqués de guerre. Et on sait que, dans des temps de guerre, il faut tenir la vérité pour futile et désinvolte. Dans les temps de guerre, il n'existe de vérité que volatile. Aussi faudrait-il normalement se taire longtemps pour parler tard et peu. On a pensé qu'alors, il valait mieux peut-être ne pas écrire, laisser une chronique blanche, comme on ferait deux longues minutes de silence.
Et puis, quelqu'un a dit : « Quelle bavure, tout de même ». Quelle bavure… On a pensé à ce mot, bavure. Une bavure, on sait ce que c'est, le dictionnaire l'indique : c'est une erreur pratique, un abus ayant des conséquences fâcheuses, parfois dramatiques. C'est cela, la bavure dont nous parlons usuellement : une erreur pratique, un abus. C'est un mot dont l'on se sert lorsque l'on ne veut même pas penser qu'une erreur pourrait être une faute et un abus une habitude.
Mais une bavure, Pascal, c'est aussi la trace que les joints d'un moule laissent sur un objet moulé, c'est l'autre définition du dictionnaire. (...)