Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2010
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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On les expédia vers Alsemberg, les Marolliens, à Uccle, où sur la chaussée, ils poussaient dans la pente toutes sortes de véhicules, délaissant Poelaert pour Baudelaire qui, tout près, écrivait dans un cabaret tout le mal qu'il pensait de cette pauvre Belgique en trinquant à la faro qu'il appelait "de la bière rebue".
Ceux des Marolles, on faillit les déporter une fois encore, plus près de nous, quand, dans les années 60, ils s'opposèrent à l'extension — on croit rêver — du Palais de Justice, ce qui fait qu'aujourd'hui c'est du Palais lui-même dont on ne sait plus quoi faire. Il n'est plus aux normes, il est anormal, il l'a toujours été en vérité, il a fallu Ceausescu pour faire plus grand, plus vite et plus fort, mais pour autant, il n'est pas schieve. Ce qui est vraiment schieve à Bruxelles, c'est l'Hôtel de Ville, avec sa tour centrale décentrée et l'on raconte toujours, mais c'est une légende urbaine, que l'architecte découvrant ses erreurs d'équerre s'en envola un jour pour aller s'écraser sur les pavés de la Grand Place. L'architecture, à Bruxelles, de Poelaert à VDB, a toujours été un vice caché.
C'est cette ville pourtant qui, avec la sécurité sociale, est le point aveugle de cette campagne électorale. Que faire de ce Bruxelles flamand, francophone, européen, cosmopolite ? Je n'en sais rien, Pascal, mais on vient de mieux comprendre peut-être pourquoi c'est si compliqué, l'architecture institutionnelle. Allez belle journée et puis aussi bonne chance.