Lautresite, le jour, les billets du mois de mai 2010
   


 
 

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En ce jour du mercredi 26 mai 2010,
On disait d'un fruit qu'il était austère lorsque sa saveur était amère, Pascal. C'est comme cela que le mot nous est venu des Grecs chez qui il est retourné comme un boomerang dans sa forme moderne : pour désigner ce qui, au goût, paraissait âpre, âcre à mâcher, pénible à avaler. Un raisin vert, par exemple, était austère.
Il existe à ce sujet une prescription terrible dans la Bible,-c'est ma semaine sainte, que voulez-vous, Pascal-, qui dit ceci : « Les pères ont mangé des raisins verts et les dents des enfants en ont été agacées ». Nous lisons cela en pensant à tout ce qui devient austère de par le continent : toutes ces réformes qui se votent, une fois les élections passées, comme c'est le cas en Grande-Bretagne ou bien avant que les électeurs s'en mêlent, comme en Grèce bien sûr, au Portugal, en Irlande, en Roumanie, en Espagne et maintenant en Italie : on dirait que chaque jour qui passe égraine la grappe et granule le raisin.
Il y a quelques jours, pourtant, le prix Nobel d'économie, Joseph Stiglitz, mettait tout ce monde en garde : « Aujourd'hui, disait-il au Monde, le journal, l'Europe veut un plan coordonné d'austérité. Si elle continue dans cette voie-là, elle court au désastre. Nous savons, depuis la Grande Dépression des années 1930, que ce n'est pas ce qu'il faut faire ». (...)